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Voici une histoire qui décrit le mode de vie des Inuit après l’arrivée des premiers missionnaires, mais avant l’arrivée des gros bateaux, des motoneiges et la construction d’églises dans chaque communauté.
Il y a de cela plusieurs années, il n’y avait qu’une seule église sur toute la côte de la baie d’Hudson et elle se trouvait à Kuujjuaraapik. Les Inuit de toute la côte venaient à Kuujjuaraapik pour aller à l’église. Les gens venaient d’aussi loin que Salluit, mais ils venaient également d’Ivujivik, de Puvirnituq et d’Inukjuak.
Par la suite, toutes les communautés ont eu leur église et leur ministre, mais avant ce temps, les gens devaient parfois voyager de longues distances afin de se rendre à l’église.
Les Inuit venaient à l’église uniquement en hiver. Ils ne pouvaient se rendre à l’église au printemps, car ils ne possédaient pas encore de bateaux à cette époque. L’hiver, ils pouvaient se déplacer en traîneaux à chiens lorsque les glaces étaient prises.
Dans ce temps-là, tout le monde venait à Kuujjuaraapik, même les personnes très âgées. Certaines personnes étaient très pauvres. Les plus pauvres possédaient seulement deux ou trois chiens pour voyager vers Kuujjuaraapik.
Les Inuit portaient alors des vêtements en peaux de caribou et de phoque. L’hiver, ils portaient des kamiks qui montaient jusqu’au genou. Certaines personnes devenaient très malades pendant ces voyages et parfois même mourraient en cours de route.
Lors du périple vers Kuujjuaraapik, les chasseurs demeuraient toujours aux aguets afin d’apercevoir des phoques. Pendant qu’un chasseur se postait près d’un trou afin de harponner un phoque, l’autre chasseur avec l’attelage de chiens partait à la recherche d’un autre trou de respiration. Lorsque la chasse était fructueuse, le groupe s’arrêtait pour la nuit. Le chasseur préparait la viande pendant que les autres hommes construisaient un igloo autour de lui. Lorsque la construction de l’igloo était terminée, les voyageurs se rassemblaient à l’intérieur pour manger. Après le festin de viande fraîche, les gens faisaient du thé avec du romarin et chiquaient du tabac.
Les Inuit essayaient de retourner dans leurs communautés plus au nord avant la fonte des glaces. Si le printemps était hâtif, ils devaient alors établir un campement et attendre la fonte des glaces. Pendant qu’ils attendaient, ils construisaient des kayaks afin de poursuivre le voyage avec ces embarcations.

Artiste : Adamie Yugalak
Au printemps, les Inuit allaient dans les îles pour la chasse au phoque afin de fabriquer des kayaks avec les peaux. Pendant cette saison, les hommes portaient des parkas confectionnés à partir de grands sacs de farine et des chapeaux en peaux de lièvres. Ils utilisaient également les sacs de farines afin de fabriquer des caches nommées tarramigautik qu’ils utilisaient pour la chasse au phoque. Cachés derrière ces tissus blancs, les chasseurs pouvaient ainsi s’approcher très près des phoques.
Toujours au printemps, les Inuit découpaient leurs kamiks d’hiver pour en faire des genouillères et ils portaient alors des kamiks à l’épreuve de l’eau.
L’été, les Inuit se rendaient à l’intérieur des terres où ils s’installaient pour la saison. Ils pêchaient, chassaient le caribou, et cueillaient des baies sauvages.
Au cours de l’automne, ils se déplaçaient de nouveau vers des endroits où ils pouvaient trouver de la mousse et des rameaux de saule qui leur serviraient de combustible. Ils en ramassaient suffisamment pour une longue période de temps et l’entreposaient à différents endroits. Les tentes inuites étaient remplies de mousse et de rameaux de saules.
Au cours des journées les plus froides de l’hiver, les Inuit se déplaçaient vers les lacs de l’intérieur des terres afin de pêcher et de s’approvisionner en eau potable. Ils continuaient de pêcher jusqu’à ce qu’il soit de nouveau temps de voyager vers Kuujjuaraapik pour se rendre à l’église. Ce cycle de vie se perpétua jusqu’à ce que les missionnaires construisent des églises dans chacune des communautés et qu’il ne soit plus nécessaire pour les Inuit de venir à Kuujjuaraapik pour aller à l’église.

Artiste inconnu
Extrait de l'ouvrage : Unikkaangualaurtaa (Raconte-moi une histoire)